Aujourd'hui, j'ai parlé avec Maé. C'était bien. J'aime bien Maé. Parce qu'avec Maé, c'est tout le temps bien.
Et quand je crois que c'est écrit "capiton" au tableau, Maé elle me répond en rigolant "nan, c'est cellulite".
Ou sinon, quand la prof d'histoire nous demande "le Christianisme fait référence à qui?" "Ben, à Christian?" et Maé, c'est la seule à rigoler. Voilà, avec Maé, c'est drôle. J'aime bien l'énerver en gaspillant des feuilles. Et j'aime bien quand elle me demande si elle sait bien faire les "yeux de méchants tueurs". Oui, j'aime bien passer du temps avec toi. Et même si tu regardes l'ailleurs quand je te parle, je sais quand même que tu m'écoutes. Mais c'est bien mieux, parce que je ne vois pas tes yeux, je ne vois pas ce que tu penses. Avec Maé, on se frotte la chatte. Avec Maé, on aime bien s'imaginer partir. Ailleurs. Sans eux. J'espère que tu n'oublieras pas cette discussion, en français, aujourd'hui, Maé. C'était important pour moi, et tu es la seule à qui j'peux en parler. Tu n'imagines même pas le bonheur que tu m'apportes, rien que par ta présence. On a pas encore été sous notre abris bus, sur un banc, près des trains, mais ça ne saurait tarder, j'te le promet.
Tu fais quoi quand t'as un coup de blues.?..
J'me rappelle quand on faisait des gâteaux. Qu'on mangeait des navets. Avec du Milka. Qu'on passait des heures à faire les connes avec ta caméra. Qu'on présentait la météo. Tu me déguisait à ta façon. Qu'on rigolait jusqu'à avoir mal au ventre. Que tu me jouait du Bach. Qu'on rigolait avec ton Papa. Que je te regardait manger des choux rouges. Quand on allait dans le champ, fumer une cigarette. Ou qu'on mangeait des noix de cajou. Et qu'on allait se poser au champ des martyrs. Qu'on allait faire du vélo. Ma "bacheutte". Et qu'on revenait du Macdo à pied. Et cetera. J'peux pas tout raconter. Et je ne l'oublierait pas. Non, je ne t'oublierais pas. Rien.
Je ne sais pas si je l'ai déja dit, mais s'attacher à quelqu'un, c'est prendre le risque d'être malheureux.
Je rêve de toi, nuit et jour. C'est peut-être ce que je veux, finalement. Je n'sais pas. Ou plus.
J'aimerais être dans sa vie, comme elle est dans la mienne. Inconsciemment. Même si on prétend se détester.
Comme on dit, l'espoir fait vivre. Alors tâchons de vivre. Et si quelque chose devrait arriver, ça arrivera. Un jour ou l'autre. Mais cessons de tout remettre au lendemain, parce qu'il n'y en aura peut-être pas.
Tanus, j'te promet, qu'un jour, on s'en fumera un que tous les deux. On refera le monde à notre façon. Et on parlera, pendant des heures.
Romy, me fait penser que j'ai besoin d'un plan cul. Ou d'un espèce de truc sentimental. Ouais, faut y penser. J'ai hâte avec Toi demain. Très hâte. Et les jours suivants aussi. La dernière fois, t'aurais eu plus de retard, il m'aurait payé un café. Des fois, on croise des gens, ils nous adressent à peine quelques mots, on s'en souviendra toute notre existence.
Ouais, elle me casse les couilles, j'sais pas, sa nature d'être. Mon bonheur s'envole vers elle comme un pavé dans sa gueule. Victime ou salope, elle a tout faux. Et puis Osef aussi, parce que c'est important. Que veux-tu que je te dise.? Je ne t'en veux pas, j'ai plutôt envie d'te plaindre.
J'en ai assez qu'on glose sur mon sort. Je n'dis pas que c'est le grand huit tous les jours, et je n'ai jamais clamé que c'était mon choix.
La célibataire est souvent vue comme un oisillon convalescent qu'il faut ménager en évitant de lui parler d'amour. Mais l'oiseau est encore capable de se réjouir du bonheur d'autrui, parce que l'oiseau n'est pas malade et qu'il ne rêve peut-être pas, pour le moment, de décrocher le premier rôle d'une comédie romantique et de s'accrocher au premier bras qui passe. Mets-toi ça bien en tête. Et les p'tites connasses maquées qui viennent me demander un "alors, racooonte" libidineux, convaincues que je vais leur raconter la partouze du siècle. Putain.
Je need un week-end avec -D0ra-. Et tout ce qui va avec. T'es belle. T'es belle parce que t'es courageuse. De regarder dans l'fond des yeux. Celui qui te défie d'être heureuse. T'es belle comme un cri silencieux. Qui se bat pour guérir de ses bleus. C'est comme une rengaine. Quelques notes en peine. Qui forcent ton coeur, qui forcent ta joie. Quand tu penses à Lui. Et t'as beau. T'as beau te dire qu'au fond c'est mieux. Même si c'est encore douloureux. Tu n'as pas de recoin silencieux. T'as peur d'oublier. T'as peur d'accepter. T'as peur des vivants. A présent. On est deux, p'tite puce.
J'vais tranquillement aller fumer une clope, et prendre des médocs. A demain, et bonne nuit.